DANIELLE DEGARIE
La
courbe, le lustre, la transparence du verre, la
patine, qui donnent l'envie de toucher, de
pénétrer, de caresser... Pourquoi? Et à quoi ce
mélange d'impression, de découverte et de
recherche peut-il servir?
J'ai
été profondément troublée par les images en
mouvement incessant de l'univers de Fernando
Ureña Rib. Sculpture perpétuelle de l'espace,
espace ouvert, déplié, contourné, projeté. Un
monde de formes douces, vernies, finies, infinies,
ouvertes sur de multiples dimensions, toutes
axées sur le toucher.
Le
grain d'une peau, d'une toile, d'une sculpture,
chez l'artiste dominicain, c'est du pareil au
même. Toujours subsiste l'impérieuse tentation
de déplacer sa main sur une courbe, de suivre la
ligne. Quel était donc cet arrière-goût, ou
plutôt, cet avant-goût de rêve, qu’il m'a
laissé?
Le
désir, sans cesse renouvelé, d'avoir pu aller
soi-même jusqu'au bout de l'aventure.
Qu'il
s'agisse de formes organiques, dont on se demande
si elles sont fleurs, coquillages, fruits de mer
ou femmes, ou de figures plus représentatives,
comme ce couple enlacé a dos de cheval, toujours,
les bleus, les ocres et les oranges concourent á
créer un moment magique, où le temps est
suspendu.
Un
souffle de vie et d'intériorité vous surprend,
vous force à faire un arrêt au milieu de ce
monde, toujours si fluide, coulant, libre
d'entraves ou de contraintes, hors des limites,
des cadres rigides, des idées fixes..
Curieux,
sensible, émotif, gourmand, riche d'intensité,
de persévérance, de conviction et de volonté,
voilà qui décrit, un peu, le peintre que j'ai
rencontré.
DANIELLE
DEGARIE