Un
tel onirisme de rêveries incantatoires se matérialise en
un monde de mutations et de métamorphoses où l'oiseau,
énigmatique par expression et définition, s'inscrit à
(en???) mode de mythe dans la théogonie de l'artiste. Plus
encore, l'oiseau, le symbole le plus approprié de la
transcendance selon Carl Young, peut s'interpréter comme
être-médium unique, doué d'une vision spirituelle,
allégorie du voyage libérateur pour l'inconscient. Il se
convertit en symbole de l'onirisme par excellence, dans la
création de Fernando
Ureña
Rib
Pour nous identifier pleinement avec cette étape
youngienne de synchronisme, qui fusionne
iconographiquement des impressions intérieures et
extérieures, volontaires et intuitives, éveillées et
endormies, il convient d'écouter le peintre lui-même :
"Une vision anticipée qui fusionne le vécu et le propre
hasard. Ainsi durant le processus qui conforme son
existence, chaque tableau formule des lois que je découvre
lentement et auxquelles j'obéis, poussé par une
fascination impulsive. Pendant qu'il mûrit, pendant qu'il
atteint son autonomie expressive, le tableau clame, exige,
refuse. Il émet et demande une énergie."
Fernando
Ureña Rib manie
en même temps le dessin et la peinture, le premier se
distinguant à certaines périodes mais "naissant" dernièrement
d'une phase et d'une solution essentiellement picturales :
nous le vérifions dans l'exposition toute récente de décembre
1988. Quant à la sculpture, il arrive un phénomène
particulier. Huit ans auparavant, les tailles polychromes de
l'œuvre de Fernando
Ureña
Rib,
organiques, fantastiques et surréalisantes permettent
d'entrevoir ce qui est aujourd'hui en peinture, sa dernière
métamorphose.
P our
sa "fixation" sur le dessin, Fernando
Ureña
Rib se trouve
en bonne compagnie, partageant cette affinité avec les plus
grands de l'art universel et de l'art dominicain: Jaime
Colson, Yoryi Morel, Darío Suro, Ada Balcácer, Peña Defilló,
Ramón Oviedo, pour ne citer que quelques noms, son de grands
peintres et de grands dessinateurs. Hier, Ingres qualifiait le
dessins "la probité de l'art", aujourd'hui le critique d'art
Gérard Xuriguera l'appelle "un langage pour traiter avec
l'esprit", "une grammaire du trait", "le refuge des purs".
Locutions susceptibles de s'appliquer au langage graphique de
Fernando
Ureña
Rib, en sa
rigueur, sa diversification, sa fluidité. Il croit et fait
croire en la puissance et la richesse infinie de la ligne.
Il aborde le dessin
avec une main de virtuose. Il sera arrivé a Fernando
Ureña
Rib exécuter
cette sorte de dessin qui ressemble au premier jet de la
création. Il considère le dessin comme une forme de
communication autonome, complète, capable de tous les effets
et de toutes les expressions. Plus encore, dans les premières
années le dessin imposait son intensité par sa netteté et
l'efficacité de son image.
Le dessin se fait si
impératif dans la phase caricaturale et les premières
approches oniriques qu'il prétend simplement changer
d'instruments et de matériaux, pour inscrire et construire ses
formes. Bien que l'œil entraîné capte la force et la sûreté du
dessin sous la substance et les accords de la couleur,
dernièrement la peinture affirme sa supériorité par sa densité
et la texture de la matière. Quand Fernando
Ureña
Rib présenta un
ensemble de dessins en 1986, nous nous sommes demandés sil
s'agissait d'un transfert de sa période surréalisante et ce
qu'il allait obtenir en changeant des éléments chromatiques et facturaux si réussit pour les simples traits... ou sil y
aurait retour a des expressions antérieures.
La
sculpture de Fernando Ureña Rib se caractérise par des volumes enveloppants et
enveloppés, par des formes biologiques, baroques contournés
par la faculté de transmettre la sensation d'un lent mouvement
giratoire. Ombre et lumière se répartissent les saillis et le
creux les incitions rayonnantes, les incidences curvilignes et
même complètement circulaires. Néanmoins, souvent polychrome,
cette taille porte le sceau du peintre. La texture lisse,
consistance, mate ou brillante de la laque convienne autant a
la forme qu'au volume, le rendant plus somptueux et sensuel.
Un
aspect intéressant réside dans la possibilité d'un changement
d'échelle ou au moins le suggère au spectateur. Nous verrions
bien ces pièces de moyen format réduites a des petits "objets
d'art", interprétés en bronze ou agrandit a des dimensions
monumentales dans un parc, réalisés alors en pierres. Une
question surgit. Fernando
Ureña
Rib reviendra
t-il a la sculpture qu'il a relégué ces dernières années?
Marianne de Tolentino
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